marche n°718 - Samedi 1er août 2020 - LIOUVILLE bois Ste Catherine & fort Stengel


Nous nous sommes dérouillés les jambes comme cela :

 

Nous nous retrouvons devant l’église de Liouville (Saint-Nicolas) juste avant que la route ne fût barrée, ouf !

Nous partons sous la pluie pour rejoindre le chemin parallèle à la route principale qui longe les jardins. Ce chemin nous conduit jusqu’à Saint-Julien sous les Côtes et nous permet de nous sustenter à loisir de mirabelles, quetsches (pas encore trop mûres) et mûres justement. À l’entrée de Saint-Julien vue à gauche sur l’arrière de la ferme fortifiée. Je propose deux routes possibles : par l’arrière du village ou en traversant ce dernier, ce que nous fîmes par 8 voix contre 2. L’église (Saint-Julien) toute refaite, est située sur la place au doux nom de « carfour ». Nous continuons vers le fond de vallée. Un avertisseur de vitesse nargue Bernard qui n’ose plus marcher à son rythme (allure) et nous tournons à droite pour suivre un chemin blanc, entre forêt et cultures, qui monte à plat (sic). Il monte un peu moins à plat à l’entrée de la forêt mais l’ombre est bienfaisante.

Arrivés sur le plateau, nous entamons une boucle qui nous fait traverser de belles jeunes futaies sur des chemins agréables. Deux bornes octogonales (Merci Jpy pour l’info) nous montrent les limites de l’ancien terrain militaire (une partie devenu le Fort et ses annexes, propriété de la commune de Liouville (en fusion-association avec Apremont-la-Forêt depuis 1973), l’autre partie la forêt domaniale de Liouville, la plus petite forêt domaniale de Meuse avec ses quelques 60 hectares).

Nous arrivons en vue du fort de Liouville (fort Stengel 1876/1880), qui est un « fort de rideau » du système fortifié Séré de Rivières, que nous regardons de l’extérieur sous les explications expertes de Jpy.

Pour les intéressés, cet été le fort de Liouville est ouvert tous les dimanches. Visites à 14h00 et 16h00, dernier départ. Renseignement ou réservation pour d'autres horaires au 07 83 36 05 25

Le retour se fait en descente par un sentier sympathique et serpentant puis par un goudron très pentu (heureusement on le prend côté descente !) puis nous reprenons le chemin de ronde et terminons au lavoir pour admirer de fringants poissons.                                  Dominique

 


Addendum 1 :

(http://fortdeliouville.canalblog.com/pages/jackie-bruneteau/26484424.html)

Le 21 juillet 1933, à Puy-Rolland (Charente-M) nait Jackie Bruneteau, il se passionne pour la Grande Guerre et revêt à chaque fois que l'occasion se présente à lui, la tenue de nos chers Poilus (garance ou bleu horizon).

  Il eut un jour, une vision qui lui fit, à quarante-cinq ans le 02 Août 1978, quitter sa famille et ses activités professionnelles pour vivre comme un ermite sur les champs de batailles aux alentours de Verdun.

  Il s'installe pendant deux ans au fort des Paroches, fort du Rideau des Hauts de Meuse entre Verdun et Saint-Mihiel, avec pour seul compagnie sa chienne Bezou et sa jument Madelon. Incompris il devra se résoudre à quitter les lieux et part vivre sur le plateau d'Apremont, à proximité de la Redoute du Bois Brulé, dans un bus désaffecté, il passera là neuf années, consacrant son temps, son amour et son énergie au culte et au souvenir de tous ces soldats, sans distinction de races, tombés sur le sol de notre patrie, dans la ferme intention que leur sacrifice ne soit pas oublié.

Les Morts, tout le monde les oublie.

J'ai besoin d'Eux comme

Ils ont besoin de moi.

  Il fait un pèlerinage à Lourdes en tenue de Poilu, 2050 Km, aller/retour, et chaque année remontait la Voix Sacrée de Bar Le Duc à Verdun.

  Après de multiples tentatives infructueuses, et n'abandonnant pas l'idée d'acquérir un fort, son projet de toujours, il engage des procédures auprès des autorités de la région en vue d'ouvrir un musée avec les vestiges, que veut bien restituer de ses entrailles la terre meusienne et qu'il a collectionné tout au long de ses sorties sur le terrain.

  Il fera le sujet d'une émission de Jacques Martin fort regardée à l'époque, et suite à cela, la commune de Liouville, propriétaire du fort lui en a proposé la location moyennant le franc symbolique avec pour seul obligation, la création d'une association.

Le Fort de LIOUVILLE sort de l'oubli,

70 ans ont passé.

  C'est ainsi que nait l'ASSOCIATION POUR LA SAUVEGARDE DU FORT DE LIOUVILLE.

  Jackie s'installe au fort avec des conditions de vie comparables à celles qu'on vécut les hommes qui ont combattu en ces lieux : pas d'eau courante, pas d'électricité, aucun confort moderne. Nous sommes en 1988, les premiers travaux de déblaiement commencent avec des moyens dérisoires. Jackie va vivre quatre ans ainsi, dans l'ancien corps de garde en partie détruit lors des bombardements et qu'il a aménagé. Le 26 avril 1992, alors qu'on lui remet la médaille du Souvenir Français au monument du Coq sur la crête des Éparges, il s'effondre et rejoint ceux pour qui il vivait, habillé de sa tenue bleu horizon ...

 


Addendum 2 :

(http://fortdeliouville.canalblog.com/pages/sere-de-rivieres/26442427.html)

Albigeois de naissance, c'est le 10 mai 1815 que voit le jour Raymond Adolphe Séré de Rivières. A vingt ans, en 1835, il intègre l'École Polytechnique pour, deux ans plus tard faire son entrée à l'École d'Application de l'Artillerie et du Génie de Metz. 

   Après 1840, alors jeune officier, il participera à la pacification de l'Algérie puis part pour la campagne d'Italie avec François Bazaine (1811/1888, Maréchal de France en 1864). En 1862, il est chargé de l'organisation défensive de la ville de Nice puis de la construction du camp retranché de Metz en 1864, enfin en 1870 de la défense de Lyon.

   Pendant la lutte contre la commune, il commande le génie du 2ème corps d'armée et dirige la reprise des forts d'Issy, Vanves et Montrouge.

   Devenu Général de Brigade, il est chargé d'instruire le procès du Maréchal Bazaine avant d'être nommé secrétaire du Comité de Défense créé en 1872 par Adolphe Thiers (1797/1877, président de la République en 1872) pour jeter les bases d'une nouvelle défense du territoire. Il publie alors plusieurs notes dans lesquelles il expose ses conceptions sur la réorganisation des frontières de la France.

   Ses théories sont adoptées par la Chambre des députés le 17 juillet 1874 et il devient Directeur du Service du Génie au Ministère de la Guerre, chargé du système fortifié qui porte son nom.

   En janvier 1880, il est relevé de ses fonctions par le nouveau Ministre de la Guerre, obligé de le sacrifier à la suite d'une polémique lancée au Parlement contre le Service du Génie.

   Après quinze ans d'une retraite silencieuse, le Général Séré de Rivières s'éteint à Paris en 1895, il repose au cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture porte l'épitaphe :

LAPIDES CLAMABUNT (Les pierres témoigneront)

 


foto de jpy


Quelques clichés du fort que nous avons aperçu lors de notre visite

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