marche n°662 - mercredi 26 octobre 2019 - BRÛLEY Côtes de Toul


Nous nous sommes dérouillés les jambes comme cela :

 

Rdv sur le parking "Régina" à 14h, mais nous attendîmes les retardataires qui sont passés par Toul !!! Nous partîmes à 14h20. Nous montâmes vers le cimetière, où nous pénétrâmes pour admirer la chapelle St-Martin, vestiges de l'église paroissiale. Nous montâmes encore et toujours pour arriver, enfin, sur le plateau. Là nous suivîmes la crête, le long des anciennes batteries d'artillerie de la place de Toul. Certains eurent même le plaisir de découvrir un "abri sous roc". Puis ce fut (pas encore fût) la descente vers Pagney derrière Barine (Barine étant la butte témoin située à l'Est du village). Nous arrivâmes au célèbre estaminet "Chez Paulette. La pluie s'invita dès ce moment ... nous passâmes devant la maison de "Régina Kricq" (qui n'est pas une marque de bière). C'est devant l'église St-Brice, sous un tilleul, que nous effectuâmes la pause douceur, à l'abri des gouttelettes pluviales.

Nous repartîmes vers Brûley à travers le vignoble, où Monique nous appris la différence de taille des ceps, pour les AOC ou pour les "bulles". Nous allâmes visiter la chapelle du Rosaire, qui rappelle en plan, celle de Lourdes (cf. blog). Nous descendîmes vers le bas du village pour aller visiter (vite fait) le chai du domaine Régina". C'est sous une pluie devenue battante que nos marcheurs entreprirent la montée vers la cave, à pied pour certains et en automobile pour d'autres. La dégustation hyper rapide de deux vins, un blanc et un gris, mais pas de bulles (jamais en dégustation), ni de rouge (car il est épuisé), laissèrent pantois nos œnologues de service, ainsi que les amateurs sur leur faim. Disons plutôt sur leur soif, car il y avait, à l'initiative présidentielle, deux pâtés lorrains, prévus au départ pour 15, puis (après commande des pâtés) à 19, mais régalèrent les 28 présents. Dommage que la pluie, la visite rapide et la dégustation bâclée, nous ont laissé, non pas la bouche pâteuse, mais une certaine amertume. Pour ma part avec quatre Randon'aire, nous firent des achats de bulles dans le village voisin, avec force dégustation amicale.

Il eut fallu que cette marche se fisse, quelques temps plus tôt afin de bénéficier des couleurs automnales du vignoble des Côtes de Toul.

Mais la vie est ainsi faite (de toit).          jpy

 


la vie de Françoise FARNIER, épouse KRICK, dite "RÉGINA"

1. Suzanne KRICQ : la femme 

Son enfance 

Marguerite Suzanne Françoise FARNIER est née le 11 juillet 1900 à TOUL. Elle est la fille de François, adjudant-chef dans un régiment d'infanterie du Toulois et de Justine, Joséphine, Emilie COLERE qui tenait un petit commerce, rue de la République à Toul. Elle a trois frères. 

 

 Son premier engagement 

A 18 ans, elle décide de s'engager comme infirmière dans l'hôpital américain N° 18 installé à Bazoilles sur Meuse près de Neufchâteau. Elle est confrontée aux dures réalités de la guerre et soigne avec dévouement les blessés de guerre américains. Au cours de cette période, elle apprend l'anglais qu'elle parlera parfaitement. 

 

 Sa vie de femme " normale" avant la seconde guerre mondiale 

En 1922, elle met au monde un petit garçon prénommé Jacques et travaille au chemin de fer du Thiaucourt. C'est là qu'elle rencontre Ernest KRICQ, originaire de Pagney-derrière-Barine qu'elle épouse en 1925. Le couple s'installe à Pagney et en 1929, une petite fille, Michèle voit le jour au sein de cette famille. Elle apprend et chante souvent à ses enfants des chants patriotiques. 

 La santé de son mari s'améliore et il retrouve un emploi à la SNCF mais Suzanne décide de continuer à travailler. Elle prodigue des soins médicaux, fait des piqûres aux voisins malades, elle ne demande rien en échange mais ceux qui bénéficient de ses services se montrent souvent généreux. Sous le nom de Réginald Wallis, elle tire les cartes et prédit l'avenir dans un petit appartement qu'elle loue à Nancy. Cet argent qu'elle gagne, elle en consacre une grande partie à aider des personnes en difficultés car elle ne peut rester indifférente à la misère et la détresse d'autrui. 

 

2. Suzanne KRICQ : la résistante 

Le choc de la défaite de 1940 

En juin 1940, elle refuse de quitter Toul alors que les familles des employés de la SNCF pouvaient être rapidement évacuées.

Dès le 15 juin, elle conseille à son fils qui a 18 ans de quitter au plus vite la France et de gagner l'Algérie pour y contracter un engagement au 9e régiment de Zouaves. Il participera aux campagnes de Tunisie, de Sicile, de Corse, de l'Ile d'Elbe, de France et d’Allemagne. 

Elle est bien décidée à agir, certes elle restera en France, son mari est mobilisé et sera prisonnier jusqu'en avril 1941, mais elle fera tout ce qui lui sera possible pour libérer son pays du joug de l'occupant. 

 

Ses actions en tant qu'agent de renseignements pour les Alliés sous le nom de REGINA 

Pouvant circuler dans toute la France, connaissant beaucoup de monde dans le milieu de la SNCF et des Postes, elle a été rapidement sollicitée pour fournir des renseignements sur les forces allemandes, leurs équipements, leurs déplacements. Elle fait partie d'un réseau de renseignements et de recherches, le réseau Bruno et devient Regina, son nom de guerre. 

 

3. La mort tragique de Suzanne KRICQ 

Peut-être avait-elle réellement de dons de voyance car quelques jours plus tard, le 3 juin 1944, alors qu'elle allait livrer de précieux renseignements très utiles en vue du débarquement allié qui se préparait, elle confie les documents à un de deux frères Couchot qui l'accompagnent. 

A quelques centaines de mètres de la frontière, à Saint-Dizier-Lévêque dans le Territoire de Belfort, elle est abattue d'une rafale de mitraillette par une patrouille allemande et décède quelques heures plus tard.  

  

Pour accéder au document complet de la vie de "REGINA" en .pdf,

faites un clic droit sur la photo ci-dessous ... et cliquez sur le document pdf.


La chapelle Saint-Martin

L’ancienne église paroissiale Saint Martin, devenue chapelle, domine le village. Elle comprend une tour-clocher surmontant une travée carrée prolongée par une abside semi circulaire, flanquée au nord et au sud par deux petits transepts de forme rectangulaire. Cet ensemble est daté du XII° siècle.

La croisée du transept est voutée d’ogives faites de gros boudins dont les extrémités, noyées dans les murs, se terminent en forme de pointe de crayon, ce qui est assez commun en Lorraine. Ce qui l’est moins, c’est que les bras du transept sont pourvus de voûtes en berceaux transversaux.

L’abside est voutée en cul de four et comporte une décoration ajoutée au XVIII° siècle. Cette combinaison de diverses techniques architecturales fait tout l’intérêt de cette construction, classée à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Lors de la démolition de la nef, on déplaça les autels latéraux et leurs retables situés dans la nef pour les réinstaller dans les transepts. Les colonnes torses des retables sont décorées avec art de grappes de raisin et de feuilles de vigne.

La corniche supérieure supportait des statues mises actuellement en réserve dans la nouvelle église mais qui seront éventuellement réinstallées après la restructuration intérieure de la chapelle.  Le maître-autel est en bois, peint en blanc avec dorure. Les fenêtres actuelles des transepts ont été percées tardivement probablement au moment où les ouvertures d’origine ont été obstruées par la décoration ajoutée au XVIII° siècle. Une recherche effectuée par un homme de l’art a montré que les peintures antérieures ne présentaient pas d’intérêt, les traces de peintures anciennes étant irrécupérables. La grande arcade en plein centre a été fermée par une porte métallique vitrée.

Extérieurement deux parties sont intéressantes : la tour et le chevet. Au-dessus de la croisée du transept s’élève une tour clocher carrée ; d’époque romane, éclairées sur chaque face par des ouvertures géminées à colonnettes. Elle a été surélevée à la fin du Moyen-âge pour assurer un refuge à la population lors des guerres et des actions de brigandage, ce qui explique qu’une échelle soit nécessaire pour y accéder. 

 


La chapelle du Rosaire

Le plan général de la chapelle du Rosaire rappelle la basilique du Rosaire à Lourdes. Elle a été réalisée de 1892 à 1894 sur les plans de l’architecte Jacquemin à l’initiative du chanoine Demange puis son frère. La chapelle comporte trois alvéoles pour les trois mystères : mystère joyeux, mystère douloureux, mystère glorieux. Chaque alvéole comporte cinq fenêtres et cinq tableaux. La chapelle est consacrée à la vie de la Vierge représentée sur des tableaux en céramique sur des dessins de Caye et une fabrication par la faïencerie de Toul Bellevue lorsque les céramiques sont construites à la façon du vitrail et par des annexes de la faïencerie de Sarreguemines lorsqu’il s’agit de carrelages peints. Le travail du fer, œuvre du serrurier Drouart de Baccarat, est remarquable pour les grilles mais surtout pour les décorations des fenêtres, quinze au total, toutes différentes, sur le thème de la rose. La calligraphie métallique du texte de l’ave maria est une magnifique prouesse artistique. Trois prêtres ont leur tombeau dans cette chapelle : l’abbé Migot (1923) fondateur du pèlerinage, le chanoine Demange (1893) créateur de la chapelle et son neveu le chanoine Segault (1944). Sur le terre-plein devant la chapelle, la statue de Jeanne d’Arc sert de monument aux morts.

L’ensemble de l’esplanade et de la chapelle du Rosaire a été classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en juillet 2005. Le chevet de la chapelle est roman. Il est construit en pierres d’appareil. Des jambes verticales de section rectangulaire le flanquent selon l’usage lorrain. On y voit les traces des anciennes fenêtres romanes et d’un oculus.

Lorsque le pèlerinage prit de l’importance et que l’affluence des pèlerins se fit plus conséquente, l’église paroissiale ne suffisait plus à l’accueil lors des offices. C’est alors que fut envisagée puis réalisée la construction d’une nouvelle église plus vaste et que l’on souhaitait voir dotée du titre de basilique, ce qui fut refusé.

Lorsque la nouvelle église fut consacrée au culte, la nef de l’ancienne église fut démolie et on ne conserva que la partie qui nous reste et qui est la partie venant du moyen-âge. La nef, ce qu’on appelle une nef grange, ne présentait aucun intérêt architectural, de même probablement que le porche puisqu’il n’a pas été conservé.

"La chapelle Saint Martin est souvent la silhouette emblématique du vignoble lorrain. C’est vrai que depuis le XII° siècle, elle en a vu mûrir des raisins ! " 

  


La réplique de la grotte de Lourdes

Le culte de la Vierge est ancien en Lorraine notamment sur la Colline de Sion. Les apparitions de Lourdes après celles de La Salette marquent les âmes d’une population très christianisée dans les campagnes. Les pèlerinages à Lourdes prennent de l’ampleur dans les années 1880. En 1883, les pèlerins lorrains étaient au nombre de 1600. L’élan était donné. L’idée vint naturellement d’évoquer ou de reproduire la grotte de Massabielle.

A Bruley, les époux Bovée font le pèlerinage de Lourdes pour une guérison obtenue et emmène avec eux un jeune prêtre, l’abbé Migot. Lors d’un prêche, le 9 septembre 1882, celui-ci lance l’idée d’une « photographie vivante de la grotte ». L’idée est bien accueillie, loteries et quêtes s’organisent.

L’emplacement étant trouvé, on confie la réalisation à Hippolyte Ratinet venant de Poissy, dans la région parisienne. C’est un spécialiste qui s’est rendu sur place à Lourdes et a réalisé une maquette de la grotte qu’il amène avec lui pour rester au plus proche de la réalité. Les travaux commencent en mars 1884. La pierre est tirée des carrières du plateau (103 m3), les moellons viennent de Ménil la Tour (20 m3) ou des bords de la Moselle (10 m3). Le sable, la chaux, le ciment venant de Boulogne sur Mer, arrivent en gare de Toul. Les charrois, bien souvent bénévoles, sillonnent les routes autour de Bruley.

Monsieur Turinaz, évêque de Nancy et de Toul, informé de la construction de la grotte rend visite au chantier le 25 mai et promet de venir consacrer la grotte.

Le 14 juin, arrive la statue de la Vierge offerte par l’abbé François Jules Demange en souvenir de sa première messe et celle prochaine de son frère Joseph Modeste Demange… La statue a été coulée aux forges de Tusey, près de Vaucouleurs, œuvre de M. Martin-Pierson, directeur des ateliers de Vaucouleurs et déjà créateur de la statue de Sion et celle de la Malgrange.

La grille est fabriquée par le serrurier Drouard, de Baccarat, d’après une photographie de celle de Massabielle. Elle ne sera posée que dans les derniers jours avant l’inauguration.

Le 27 juillet, l’inauguration sera l’occasion d’une fête magnifique en présence de quatre mille personnes parmi lesquelles près de quatre-vingts ecclésiastiques et une cinquantaine de religieuses de la Doctrine Chrétienne entourant la supérieure générale de la congrégation mais d’où le conseil municipal est absent. Cinquante oriflammes flottent au vent sur des mats de plus de dix mètres de haut, les rues sont pavoisées de verdure, en début de l’après-midi la fanfare du Collège de la Malgrange remonte la grand’ rue. La cérémonie principale a lieu à la nuit tombée, les illuminations (on ne connaît pas encore l’électricité !) sont partout : flambeaux, cierges, bougies lumignons. La procession est conduite par huit chanoines qui précèdent Monseigneur revêtu de la chape d’or, en crosse et en mitre. On y remarque le tout jeune abbé Joseph Modeste Demange qui a dit sa première messe le matin même. Les bannières de la confrérie de Sainte Anne, de la Sainte enfance, le bâton de procession de la confrérie de Saint Nicolas et la bannière de la Vierge, brodée en fils d’or à Dijon, s’élèvent au-dessus de la procession. On scelle la pierre de fondation, en l’occurrence une bouteille dans laquelle on place des médailles, une pièce de 20 centimes et le parchemin de fondation. En forme de croix de Lorraine, le premier ex-voto déposé à la grotte sera celui de deux jeunes gens reçus à l’Ecole de Saint Cyr"

 


Il manque les qqs photo de jp le Finnois, au départ !!!


photo de Martine


photo de & légendées par Marie-France


photo de Dominique et légendées par lui même ...


photo présidentielles


foto de jpy

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    JPV (mercredi, 06 novembre 2019 10:32)

    Encore un gros travail de recherche de notre JPy.
    Je croyais qu'après une descente de cave à Bruley on ressortait bien cuit. Ce ne fut (de merrains) pas le cas.
    Une bien belle balade quand même.

  • #2

    jpy (mercredi, 06 novembre 2019)

    Pour être cuit à Brûley, il faudrait changer de "crémerie", ou avoir un boutefeu ou un artificier !!! Peut être que le vin était bon ? Pour ma part, après avoir découpé le premier pâté en parts, j'ai étais "obligé" de quémandé un verre de blanc, que dis-je, un petit fond de verre ...
    Bref ! j'ai été déçu par l'accueil, le commerce c'est difficile, mais là ?