marche n°632 - samedi 18 mai 2019 - PAGNY sur MEUSE & SORCY-GARE "autour de la Chaux"


PAGNY sur MEUSE


On s’est dérouillé les méninges comme cela ! :

 

Très belle journée et très belles randonnées concoctées ce samedi 18 par François Dosé ! Après nous être retrouvés (peu nombreux hélas !) à la gare de Pagny, nous faisons une 1ère halte aux abords des marais pagnotins. Marais, témoins de l’ancien cours de la Moselle qui, il y a quelques 120.000 ans, se jetait dans la Meuse. Les marais tourbeux alcalins de Pagny sont gérés par le Conservatoire des Espaces Naturels de Lorraine qui a introduit de petits chevaux, les Konik Polski, pour les entretenir. Nous aurons la chance de les apercevoir en repartant pour nous rendre au début de notre marche du matin. Au départ de Pagny, nous nous dirigeons vers Sorcy en abordant notre 1ère grimpette de la journée, au-dessus du canal de la Marne au Rhin. Chemin qui va nous offrir une splendide vue sur la vallée de la Meuse qui, contrainte géologique oblige, coule d’est en ouest à cet endroit. Chemin qui nous offrira également, une importante station d’orchis brûlé (nous rencontrerons bien d’autres orchidées sauvages au cours de la journée). Le point de vue élevé va permettre à notre guide de nous donner l’historique de l’implantation des fours à chaux. Au sommet de la côte, les vestiges d’un terril rappellent, qu’avant qu’il ne soit détruit pendant la guerre de 30 ans, il existait un village, antérieur à Pagny, qui s’appelait Dommartin les Fours ! Plus près de nous, en 1864, Pierre Cuquenelle installera sur la "Butte des Vignes (à l’ouest), les premiers fours à chaux à feu continuel. Cette installation profite bien sûr, de la proximité de nouvelles importantes voies de communication depuis 1850 : la ligne de chemin de fer Paris /Strasbourg et le canal de la Marne au Rhin qui sera complété 40 ans plus tard par le canal de la Meuse. C’est d’ailleurs en empruntant le chemin de halage du canal, pour nous approcher des fours à chaux de Sorcy, que nous arrivons pratiquement à la jonction des 2 canaux. Occasion de faire une nouvelle halte, à hauteur d’un ancien relais où l’on changeait les chevaux servant à la traction des bateaux. Clin d’œil du passé, les propriétaires actuels ont une petite carrière avec un cheval et un poney ! De retour à Pagny, nous faisons notre halte pique-nique au bord du canal. Une charmante jeune fille tâte du goujon et notre Finnois ne manquera pas d’engager la conversation. Une bouteille de rosé plus tard, nous rejoignons le site des fours à chaux.    


SORCY-CITES


Nous laissons nos voitures près de l’ancienne localisation du café de Loulou Arnoud, occasion pour François Dosé de commencer l’évocation de ce que fut la vie de la cité wendelienne. Mais c’est par le chemin qui mène à la carrière que nous débutons notre marche de l’après-midi. Beau chemin ombragé, bordé de muguet encore en fleur, qui débouche au pied du gigantesque terril. Peu de déchet dans l’exploitation du calcaire de Sorcy, mais au bout d’un siècle cela en fait des tonnes de cailloux déversés par les « sauterelles » (convoyeurs à bande inclinable) qui en coiffent le sommet ! Nous poursuivons pour arriver en surplomb du front de taille, composé de 5 gradins de 10 à 15 m chacun dont la partie ouest est partiellement comblée par le terril. Etant donné que nous sommes samedi, nous ne verrons pas les carriers à l’œuvre. S’ils étaient une centaine avant-guerre, 4 suffisent aujourd’hui avec la mécanisation de la carrière ! Nous descendons ensuite vers l’usine par le flan sud pour nous trouver face au Dôme (lieu de stockage couvert) se trouvant en dessous du premier concasseur que l’on devine au travers des arbres. Puis c’est la tour de criblage et de tamisage, puis nous suivons du regard les bandes de transport pour arriver aux différents fours : Maertz vertical & Four horizontal ou rotatif dont la capacité de production est 2 fois supérieure. Leur alimentation énergétique se diversifie en acceptant d’incinérer différents déchets comme des huiles, des plastiques, des pneus… Mais c’est surtout la cité disparue en 1993 qui va permettre l’évocation de ceux qui ont fait vivre cette usine. C’est devant le mur de la cour de son ancienne école que François Dosé va nous animer les lieux par ses évocations. Ainsi vont revivre la "Coop", le cinéma, le stade de foot, les bains douches, la chapelle, les 6 rues qui dévalent la pente et bordent les maisons de 4 pièces avec leur jardin, l’école, le dispensaire… bref tout ce qui a fait la vie de cette micro-cité organisée par la famille Wendel. Du paternalisme oui, mais qui a créé pour ses bénéficiaires un sentiment d’appartenir à une famille qui se serrait les coudes en cas de coup dur et qui a permis d’accéder à des loisirs, à des services, aux colonies de vacances et même aux études pour certains d’entre eux. C’est sur ces considérations que nous rejoignons nos véhicules, en étant reconnaissant à notre guide de nous avoir consacré une journée en nous faisant partager sa passion pour ces lieux de vie. Merci François.                                   Marie-France

PS : pour répondre à la demande de Serge, le livre de François DOSE est : "SORCY, ses usines à chaux, sa Cité disparue" Paru aux Dossiers Documentaires Meusiens.     


photo de l'ami Finnois


photo présidentielles

NOTA : à la demande du président, j'ai rédigé les légendes des foto florales, mais pas que ... jpy

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Commentaires: 1
  • #1

    JP le Finnois (vendredi, 24 mai 2019 18:28)

    Quelle culture, quelle pédagogie, quelle passion chez François DOSE, on ne se lasse pas de l'écouter. Les km et les dénivelés ne se sentent " presque pas ".

    Programme inédit pour plusieurs d'entre nous, merci Marie-France pour avoir proposé cette belle journée et merci à François pour ses commentaires de grande qualité.

    JP le Finnois