marche n°631 - mercredi 15 mai 2019 - Maxey sur Meuse & Orquevaux


MAXEY sur MEUSE


ORQUEVAUX


Nous nous sommes dérouillés les méninges comme cela :

 

Un premier rendez-vous est donné au cimetière de Maxey sur Meuse pour un circuit apéritif de 5 km à la recherche du Lys martagon. Cette plante de nom latin Lilium martagon, de la famille des liliaceae, est protégée dans plusieurs départements, notamment en Meurthe et Moselle. Nous l’avons effectivement trouvée en nombre mais malheureusement pas encore fleurie. Il faudrait revenir début juin. Les photos montrent la fleur prise quelques années avant en Meuse.

Le second rendez-vous est donné à l’église d’Orquevaux. Pique-nique sur place puis départ.

L’église construite dans le style d’une chapelle castrale, remplace l’église paroissiale démolie à la fin du XIXe siècle. Son château Louis XV, demeure de maître du XIXe, est une ancienne propriété de la famille d’Antoine de Saint Exupéry.  

Sur le chemin, passage devant la ferme du Fourneau qui est une ancienne forge devenue ferme. Avant la révolution le haut fourneau appartenait au Baron de Thiers. Caroillon de Vandeuil, gendre de Diderot, l’achète et l’exploite jusqu’au milieu du XIXe siècle date à laquelle il cesse définitivement son activité.

Juste avant la ferme nous tournons par un passage qui traverse un champ. Le poney nous fait quelques misères (à Pascale et à Joël en particulier). Puis nous grimpons la seule côte de l’après-midi mais quand même un peu longue, jusqu’au plateau. Après une piste un peu défoncée par l’activité forestière, nous atteignons le sommet du Cul du Cerf. Le site du Cul du Cerf est un cirque d'érosion creusé par une exsurgence. Presque circulaire, il est l'extrémité du vallon de la Manoise, affluent du Rognon, lui-même affluent de la Marne. Le cirque, d'un diamètre de 200 m, est profond de 75 m. Il forme un vaste entonnoir de pente supérieure à 45°. En période pluvieuse des eaux abondantes débouchent violemment de l’entrée de la galerie souterraine connectée avec le réseau karstique du plateau de Leurville. Le calcaire étant à cet endroit très friable, le gel et les eaux de ruissellement entraînent des éboulis actifs que la Manoise évacue durant ses crues. Le cirque recule de 5 cm par an.

La variété exceptionnelle des milieux écologiques a entraîné l’inscription du Cul du Cerf en site "Natura 2000" sous le n° FR 2100323. On y observe en effet toute la dynamique depuis les éboulis mobiles jusqu'à la forêt, aussi bien en versant d'adret que d'ubac. Il s'agit du seul exemple des plaines de France : forêt calcicole mésoxérophile, hêtraie neutrocline entrecoupée de pelouses à Seslerie et de rochers et éboulis calcaires. On y trouve aussi des étangs à characées et une mégaphorbiaie ainsi qu'une population, malheureusement en déclin, de Sabot de Vénus et Agrion de Mercure (Odonate).

Pour redescendre, nous nous scindons en deux groupes : les trois plus courageux prennent la forte descente qui conduit, tout en bas, à l’exsurgence, les autres suivent un sentier plus accessible. Nous nous retrouvons au bord de la Manoise, certains s’amusant à passer et repasser sur un tronc enjambant la rivière. Un peu plus loin, nous grimpons pour trouver un joli pied de Sabot de Vénus que nous admirons avec toutes les précautions nécessaires. 

Le Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus) est une orchidée protégée au niveau national, au labelle jaune vif en forme de sabot, piège parfait pour les insectes pollinisateurs qui ont beaucoup de mal à s’en extraire. C’est une des plus grandes Orchidées françaises, trop largement récoltée dans le passé, d’où sa présente rareté.

Les orchidées possèdent 3 sépales et 3 pétales ; les 3 sépales + 2 pétales forment le périanthe qui peut être très ouvert (ex Ophrys), fermé en forme de casque (ex Orchis militaris) ou en partie fermé. Le troisième pétale forme le labelle qui par la forme attire les insectes pollinisateurs. Les Orchidées peuvent même, pour certaines, émettre des phéromones.

Nous retournons ensuite vers Orquevaux par la piste longeant quelques sympathiques étangs.

Quelques plantes vues lors de la journée : Lys martagon ; Orchis pourpre ; Lamier jaune ; Sceau de salomon (non photographié) ; Orchis mâle ; Sabot de Vénus.

                                                                                                                     Dominique 


photo de Martine


Photo de jp le Finnois


Photo de jpV


Photo de dominique

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Commentaires: 6
  • #1

    Dom (vendredi, 17 mai 2019 16:17)

    Précisions dans l'ordre sur le nom des plantes :
    21 : Lamier jaune
    22 : Lys martagon en fleurs
    23 : idem
    24 : Orchis mâle
    25 : Orchis pourpre
    26 : Sabot de Vénus
    27 : idem
    28 : idem

  • #2

    JP le Finnois (vendredi, 17 mai 2019 19:28)

    Que de découvertes aujourd'hui ! Maxey s/m, le lys martagon, Orquevaux, le Cul du Cerf, le sabot de vénus avec un temps superbe, merci Dominique, c'était une excellente journée.
    Voici une sélection de photos,
    A bientôt,
    JP le Finnois

  • #3

    jpy (vendredi, 17 mai 2019 19:32)

    J'ai ajouté les légendes des fleurs ...
    Il n'y avait pas de neige à Bandol, mais un temps gris, qu'il aurait pu neiger...
    amitiés jpy

  • #4

    Monique PETITJEAN (samedi, 18 mai 2019 06:50)

    Un couple de poneys se rassasiait dans un pré tout en verdure. Un groupe de randonneurs survient, qui cherchait aventure, et que la traversée de ce lieu justifiait. « Qui vous rend si hardis de troubler mon ménage ? » dit le poney plein de rage, « Vous serez châtiés de votre témérité, on me l'a dit : il faut que je me venge. » Là-dessus, sans autre forme de procès, le poney mord Joël au gilet, renverse de sa tête notre innocente Pascale et d’un coup de sabot la rendit toute bancale. Moralité : trop possessif pour être ponnête ! En avant toute ! Des lys martagon nous ne vîmes que les feuilles. Les fleurs prometteuses attendaient les beaux jours. Du haut du cul du cerf nous entendîmes les clapotis de la source de la Manoise. Puis nous admirâmes le pied bien touffu d’un sabot de Vénus. Mais il fut une église au fond du vallon dont le clocher de pierre se mirait dans l’eau. Alentour, herbe tendre et petits bancs de bois nous accueillirent pour un pique-nique tout en bulles, en blanc, en rosé, en rouge. Journée au passé pas si simple mais combien colorée !

  • #5

    M Françoise (dimanche, 19 mai 2019 11:14)

    si nous n'avons pas trop fourni d'effort pour parcourir, pedibus cum jambis, les 13,15 km pour 265 m de dénivelés , les deux cyclistes qui nous ont rejoints à Orquevaux pour le pique-nique ont dû appuyer sur les pédales pour effectuer les 149 km avec 1600 m de dénivelés positifs. Ils sont prêts à renouveler une aussi belle sortie.

  • #6

    JC et Suzon (dimanche, 19 mai 2019 15:34)

    Belle journée, je n'en rajouterai pas plus, Monique l'ayant très bien fait, ainsi que M. Françoise, encore merci Dominique